Actualités de l'association de défense des victimes du Médiator et de l'Isoméride (AVIM)

Mediator : la colère et l'angoisse des victimes

Elle, vendredi 19 novembre 2010, par Axelle Szczygiel

Voilà un dossier qui risque de prendre rapidement une tournure judiciaire.


Depuis la révélation des 500 décès et des 3.500 hospitalisations pour complications cardiaques dus au médicament anti-diabète Mediator, on assiste à une véritable levée de boucliers à l'encontre des autorités sanitaires voire même de certains membres du gouvernement.


Ainsi en est-il de Nora Berra, nouvelle secrétaire d’Etat chargée de la Santé, que le socialiste Gérard Bapt soupçonne de conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique, pour laquelle elle a travaillé pendant dix ans. Mais pour Nora Berra, pas question de démissionner du gouvernement malgré les révélations concernant le Mediator. « C'est hors sujet », a-t-elle déclaré jeudi soir sur Canal +, affirmant n’avoir « aucun conflit d’intérêt dans cette affaire ».


La secrétaire d'Etat a d’ailleurs affirmé qu'il n'y avait « aucune ambigüité sur l'imputabilité des troubles de valves cardiaques avec ce médicament » du laboratoire Servier.


Ma vie a basculé dans l'horreur


Les victimes, de leur côté, sont en train de découvrir, pour certaines d’entre elles, l'origine de leurs troubles.


Le Parisien a ainsi recueilli les témoignages édifiants de plusieurs patients qui accusent le Mediator de les avoir rendues malades alors qu'il devait les soigner.


Romuald Jacob, 22 ans, explique au quotidien avoir reconnu la boîte bleue du Mediator à la télévision mardi soir et avoir fait immédiatement le lien avec la crise cardiaque de son père, survenue il y a neuf mois. « Tout de suite, j'ai appelé ma soeur qui conserve le dossier médical et les ordonnances de mon père. Elle était en pleurs. Comme moi, elle venait de comprendre ce qui l'avait vraiment tué ». Traité pour diabète, leur père a en effet pris du Mediator pendant deux ans.


Geneviève, elle, en a pris pendant huit mois. Au départ c’était la pilule miracle, celle qui lui a fait perdre 30 kilos en quatre mois.


Puis les soucis de santé se sont multipliés. Aujourd’hui, elle craint de ne plus être « de ce monde lors du procès ». « En un an, ma vie a basculé dans l'horreur [...] Chaque matin, je ne sais pas si je vais vivre », confie-t-elle au quotidien.


Les plaintes vont affluer


Sur ELLE.fr, certaines de nos lectrices nous ont également fait part de leurs angoisses. « Mon médecin m'a prescrit du Mediator pour me faire maigrir. J’en ai pris durant 3 ans régulièrement. Une pharmacienne que je connaissais bien m'en donnait facilement, même sans ordonnance. Depuis deux ans j'ai des soucis de respiration, d'hypertention, j'ai des malaises étranges : les bras qui se paralysent durant quelques minutes, le coeur qui bat plus fort d'un seul coup... Mais d'après mon médecin, ce n’est pas grave. J'ai 63 ans alors maintenant je fais quoi ? »


Une autre explique avoir pris du Mediator pour ses problèmes de glycémie. Aujourd’hui, sa colère est palpable : « J'apprends que ce médicament est interdit depuis de nombreuses années dans d'autres pays et là, franchement, je ne me sens pas très bien. Quelle épée de Damoclès au-dessus de ma tête. C'est facile de jouer avec la santé des gens comme ça et j'espère que ça ne restera pas impuni. »


Selon le docteur Dominique Courtois, à la tête d’une association de victimes, « une vingtaine de dossiers » sera déposée « pour expertise au tribunal » la semaine prochaine.



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